Cohabiter avec la faune en ville, est-ce possible?
2012-05-03

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LA CORVÉE DU MONT-ROYAL LE DIMANCHE 6 MAI 2012
Sous le signe de la cohabitation de l’humain et de la faune sauvage en ville

Photo : Ville de Montréal

 

 


Des animations consacrées à la thématique spéciale en après-midi du 6 mai pour tous

Au-delà des activités environnementales qui auront lieu lors de la Corvée du Mont-Royal en avant-midi le dimanche 6 mai prochain, des animations en après-midi seront spécialement consacrées à la thématique de la cohabitation de l’humain et de la faune sauvage en milieu urbain. Le tout se déroulera de 12 h à 15 h au Chalet du Mont-Royal. L’entrée est gratuite.


Finalement, les éducateurs des Amis de la montagne animeront leur kiosque intitulé, « De la cigale au renard, les animaux du mont Royal » sur le belvédère Kondiaronk. Ce kiosque ludique et coloré vous permettra de découvrir les animaux de la montagne par le biais de divers jeux et des animations interactives sur la faune. Du plaisir garanti pour tous !

La Corvée du Mont-Royal donne le coup d’envoi de « Mai 2012 : Mois du Mont-Royal ». Une programmation variée pour explorer les patrimoines de la montagne et prendre part à sa mise en valeur est offerte tout au long du mois.

Une programmation spéciale illustrant les oiseaux du mont Royal se tiendra du 16 au 21 mai. La programmation complète est disponible en cliquant sur ce lien.

 



Éric Richard, directeur des services éducatifs, et Claude Drolet, responsable des services éducatifs en conservation, sont deux biologistes aux Amis de la montagne. Ils nous proposent les trois articles suivants nous invitant à réfléchir sur les défis de la cohabitation de l’humain et de la faune et pour nous renseigner sur les actions appropriées pour assurer une cohabitation harmonieuse.

Nourrir les animaux, un geste lourd de conséquences

Photo : Ville de Montréal

Conserver la biodiversité en ville et l’équilibre des écosystèmes naturels qui s’y trouvent est tout un défi. Une des problématiques rencontrées est la nourriture donnée aux animaux. Beaucoup de gens trouvent plaisir à créer des liens avec des animaux en leur offrant de la nourriture, que ce soit pour les observer dans leur cour ou dans un parc, ou pour les photographier. Mais nourrir les animaux n’est pas sans conséquences.

Nourrir les animaux ne leur est pas nécessairement bénéfique. La nourriture offerte peut ne pas convenir à leur diète et leur causer des carences. Une dépendance peut se développer  et ils peuvent devenir agressifs. La concentration de la faune dans les zones de « nourrissage » augmente les risques d’épidémies et crée une plus grande compétition entre les animaux. Elle cause aussi un déséquilibre dans ces écosystèmes, certains maillons de la chaine alimentaire devenant surabondants par rapport au reste.

Les espèces opportunistes qui sont les plus favorisés par cette nourriture viennent à occuper l’habitat chassant d’autres espèces plus craintives ou moins attirantes pour l’humain. Certaines espèces comme les goélands et les écureuils sont devenus tellement abondants et familiers qu’ils ont acquis une mauvaise réputation due aux nuisances qu’ils créent par leur présence. D’autres espèces présentent un risque pour la santé humaine par leur contact ou par les morsures qu’elles peuvent causer.

La prochaine fois que vous voudrez nourrir un animal, pensez-y !

Stop ! Traverse d’animaux…

Même si la faune sauvage est bien protégée dans les parcs, un grand nombre d’animaux meurent chaque année, à cause de nous.

L’automobile est responsable de la mort de beaucoup de mammifères. C’est particulièrement vrai pour les mammifères actifs la nuit. Sur le mont Royal, il est fréquent que des ratons, moufettes, marmottes et renards soient heurtés en traversant la voie Camillien-Houde. Dans plusieurs parcs nationaux, on a créé des passages pour la faune sous les routes et parfois des ponts verts. On pourrait créer une structure de ce genre sur la montagne, pour permettre aux animaux sauvages de traverser du bois Summit au parc du mont Royal en passant soit sous ou par dessus le chemin de la Côte-des-Neiges.

D’autres animaux succombent aux déchets laissés par nous. Il n’est pas rare qu’un animal s’étouffe avec un sac en plastique ou reste coincé dans une canette de métal, sans compter les problèmes de santé liés à cette source d’alimentation.

Les oiseaux n’échappent pas aux dangers. Plusieurs tombent sous la proie de nos chats et chiens laissés en liberté en milieu naturel sans compter ceux qui entrent en collision avec les grattes ciels et les antennes.

Habiter les sous-bois de la montagne, pas de tout repos…

Imaginez un tamia cherchant sa nourriture au sol, dans la quiétude d’un matin de mai au mont Royal…Quoi de plus bucolique… La réalité de la faune de la montagne est souvent tout autre. Les animaux qui l’habitent doivent au quotidien composer avec de nombreux éléments perturbateurs.

De nombreux propriétaires de chiens viennent profiter du mont Royal pour leur accorder un moment de liberté. Geste innocent au premier abord, mais qui peut s’avérer fatal pour les oisillons d’un nid trop bas ou pour les petits mammifères pas assez rapides pour échapper aux crocs menaçants.

Autre élément perturbateur, la circulation hors sentiers des piétons et des cyclistes est préoccupante sur la montagne. En plus de déranger la faune, la circulation hors sentier compacte le sol, endommage la végétation et favorise l’érosion dans les secteurs escarpés. Une étude menée en 2008 a répertorié plus de 65 km de sentiers en sous bois dont près des deux-tiers sont superflus et devrait être fermés.

Plusieurs espèces d’oiseaux sont fortement affectées par cette fragmentation de leur habitat. Ces espèces, telles certaines parulines, vont chercher des sites de nidifications à plus de 50 mètres du sentier le plus proche. La prolifération de sentiers illicites dans le parc du Mont-Royal a fait qu’il n’existe plus aucun site qui correspondent à leur critère de nidification.

Il reste donc peu d’espace de tranquillité pour la faune.

 


Lancement d'une opération de sensibilisation

La Ville de Montréal, en collaboration avec Les amis de la montagne, a lancé une campagne de sensibilisation le jeudi 3 mai pour contrer la problématique croissante causée par la nourriture donnée aux ratons laveurs dans le parc du Mont-Royal. Pour lire le communiqué de presse, cliquez sur ce lien.


Photo : Ville de Montréal

 

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