Chroniques d'experts

Photo : © Mario Francoeur

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Chronique d’experts : Les humains ne sont pas seuls à devoir s’adapter à l’hiver

La biodiversité du mont Royal se reflète par la richesse de ses écosystèmes et de ses espèces, qui chaque année doivent s’adapter aux quatre saisons. Durant l’hiver, la faune et la flore qui habitent notre montagne emblématique disposent de plusieurs stratégies pour s’adapter aux froids intenses et à la diminution de ressources. En connaissez-vous quelques-unes ?

Certains animaux restent actifs toute la saison et s’adaptent à la diminution de ressources en cachant des réserves de nourriture dans la terre ou encore, dans l’écorce des arbres, pour les retrouver plus tard. D’autres, comme certains micromammifères, se créent un réseau routier sous la neige qu’ils empruntent pour trouver et conserver leur nourriture, s’isoler du froid et se cacher des prédateurs. Encore d’autres entrent en hibernation ou en dormance toute la saison. Certaines espèces d’oiseaux passent l’été dans nos bois, mais à l'arrivée de l’automne, elles préfèrent migrer vers le sud où les ressources sont plus abondantes. Les couleuvres, qui sont ectothermes (c’est-à-dire qu’elles ne peuvent pas produire leur propre chaleur corporelle) cherchent des espaces isolés tels que des crevasses entre les roches, des souches d’arbres tombés, et des terriers abandonnés, où elles se regroupent afin de partager la chaleur.

Parmi les espèces floristiques présentes sur le mont Royal, certaines se démarquent par leur statut d’espèces vulnérables à la récolte. Ces dernières sont souvent caractérisées par leur développement lent et leur faible taux de reproduction. En hiver, les fragiles rhizomes de ces espèces vivaces se cachent sous la neige et attendent le retour du printemps pour produire leurs parties aériennes éphémères.

La croissance des racines de l’érythrone d’Amérique débute à l’automne et se poursuit pendant une longue phase hivernale. Après la fonte des neiges, elles commencent à se déployer rapidement, profitant ainsi de l’eau abondante. Nécessitant une forte luminosité pour fleurir, l’éclosion des fleurs survient tôt au printemps, avant la feuillaison des grands arbres. Elle fait ainsi partie des espèces à floraison hâtive dont dépendent les pollinisateurs pour assurer leur survie lorsque les ressources sont peu abondantes.

Il va sans dire que nous devons faire tout notre possible pour protéger ces espèces, écosystèmes et microhabitats fragiles en adoptant des comportements écoresponsables, tels que rester sur les sentiers désignés, ramasser nos déchets et garder nos chiens en laisse. La montagne vous remerciera ! 

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